Nuits d'été de Milandre

Les Nuits d’Eté de Milandre sont nées d’une volonté transfrontalière de partager un évènement culturel. MM Hugues Plomb et Raymond Forni, maires de Boncourt et Delle, qui malheureusement nous ont quittés prématurément, furent à l’initiative de ce projet.
C’est en 2002 que la collaboration transfrontalière voit le jour avec la création de l’Association des Nuits d’Eté de Milandre. Les deux communes, ainsi regroupées, de Boncourt et Delle, marquent leur volonté réelle de gommer l’effet frontière, avec pour objectif obtenir un partage, une synergie culturelle, un enrichissement réciproque. C’est pourquoi, tous les deux ans, le spectacle se joue alternativement  sur l’une ou l’autre commune.

Spectacle 2017 : La dame de chez Maxim – Georges FEYDEAU

Georges Feydeau

La Dame de chez Maxim est la pièce la plus drôle et la plus aboutie de Feydeau. Chaque scène est construite dans l‘humour, les situations comiques s’enchaînent sans répit pour les spectateurs. Les personnages n’ont de cesse de développer cette mécanique du rire. Jamais une pièce n’avait réuni autant d’éléments comiques. Le rire est ainsi à son paroxysme, pas de longueurs ni de temps mort. La mise en scène rythme également les actes par de nombreuses interventions de formes différentes. Vraie respiration, la concentration se pose un instant, le jeu change de langage, et devient universel.


L’ordre social est bouleversé, les convenances sont balayées par une danseuse de cabaret, symbole de la Vie parisienne, où souffle un vent de liberté et d’érotisme. 

Jamais nommé mais toujours au centre, le sexe est la finalité de ces courses folles, ces danses d’Eros déguisées que sont les pièces de Feydeau. Le souffle de la Môme Crevette contamine chacun à l’endroit de ses propres fantasmes. Au deuxième acte, la fête nocturne en l’honneur de Clémentine Bourré au château de la Membrole tourne au cauchemar. Les danses de salon des provinciales, qui rêvent de Paris en admirant la Môme, virent au ballet dionysiaque. L’ivresse délie les comportements et les coups partent sous un clair de lune éclairant une farandole de fantômes. Mais pour atteindre le pire, il y a encore de la marge dans le dernier acte où, revenus éreintés, dans l’appartement transformé en arène, les protagonistes essaient en vain de retenir les fils d’une intrigue qui part dans tous les sens : divorce, déclaration d’amour…

On ne raconte pas une pièce de Feydeau. Sa finalité n’est jamais le récit lui-même mais l’abîme où nous entraînent ses déviations. Et pour chacun la déviation vient pratiquement toujours de la trajectoire de l’autre. L’autre n’est ni un allié ni un adversaire, mais un empêchement, une interruption, la donnée supplémentaire d’un problème. C’est toujours mieux que l’explosion elle-même, Feydeau ne cesse de la différer, jouant avec nos nerfs pour satisfaire l’audacieuse ambition de chacune de ses pièces : ériger comme un architecte désinvolte, et sur le syndrome du «plus c’est énorme mieux ça passe», un échafaudage brinquebalant dont on se demande jusqu’où il va monter avant de s’écrouler.

Mais La Dame de chez Maxim, c’était aussi la fin du siècle, l’insouciance d’une société décadente, alors que grandissaient les menaces d’un cataclysme mondial, le symbole de la Belle Epoque.

C’est cette Belle Epoque, riche en découvertes en tout genre, pleine de vie et d’espérance, que nous allons faire revivre aux couleurs contemporaines cet été à la Maison des Remparts de Delle.

André Christe, metteur en scène

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